RDC : à l’ONU, Judith Suminwa clarifie la portée du dialogue national lancé par Félix Tshisekedi.

Depuis New York, la Première ministre Judith Suminwa a défendu devant les États membres de l’ONU une conception du dialogue national tournée vers la cohésion et la consolidation de l’État. Elle assure que ce processus, lancé autour des enjeux de paix et de refondation de l’État, ne constitue ni un mécanisme de partage du pouvoir ni un moyen de contourner les institutions.
À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, Judith Suminwa a voulu clarifier la finalité du dialogue national engagé par le président Félix Tshisekedi. Dans son intervention, la cheffe du gouvernement l’a présenté comme un cadre destiné à favoriser la cohésion nationale et à rechercher des réponses collectives aux fragilités qui affectent la République démocratique du Congo. Le processus, lancé le 28 août autour de la paix, de la cohésion et de la refondation de l’État, devrait réunir, selon la Première ministre, les forces politiques et sociales qui se reconnaissent dans les principes républicains, le respect de la Constitution, la défense de l’intégrité territoriale et le rejet de la violence.
Face aux interrogations suscitées par ce dialogue dans la classe politique congolaise, Judith Suminwa a insisté sur ses limites. Selon elle, le processus ne doit ni se substituer aux institutions existantes ni déboucher sur une redistribution des responsabilités au sein de l’État. « Il ne vise ni à contourner les institutions ni à organiser un partage de pouvoir », a-t-elle précisé devant les représentants des États membres de l’ONU. Dans cette présentation gouvernementale, le dialogue dépasse donc le cadre d’une négociation entre responsables politiques. Il doit également permettre d’aborder les causes structurelles des crises qui fragilisent le pays et de travailler à la consolidation de l’unité nationale.
L’objectif affiché par la cheffe du gouvernement est de contribuer à l’édification d’un État « plus juste, plus présent et plus protecteur ». À New York, Judith Suminwa a également établi une distinction entre les difficultés internes de la RDC et la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays. Pour le gouvernement, le dialogue national ne saurait remplacer les initiatives diplomatiques engagées pour parvenir à une solution au conflit. La Première ministre a ainsi rejeté toute lecture qui conduirait à considérer la crise sécuritaire comme un simple problème intérieur. « Aucun dialogue intérieur ne saurait transformer une agression extérieure en simple différend domestique », a-t-elle déclaré. Cette distinction n’exclut toutefois pas la nécessité, selon elle, de traiter les fragilités internes du pays. Autrement dit, la recherche de la paix dans l’Est et les efforts de consolidation de l’État sont présentés comme deux démarches complémentaires.
Dans ce contexte, la Première ministre a réitéré l’appel de l’exécutif aux Congolais disposés à privilégier la voie politique et républicaine.« Notre main demeure tendue à tous les enfants du Congo qui choisissent la paix, le débat républicain et la loyauté envers la patrie », a-t-elle affirmé. Le message porté devant l’Assemblée générale s’inscrit ainsi sur deux fronts, d’un côté, le gouvernement entend poursuivre les démarches diplomatiques destinées à contribuer au règlement de la crise dans l’Est, de l’autre, il veut faire du dialogue national un espace consacré aux fragilités internes et à la cohésion du pays.
Cette prise de position intervient alors que Kinshasa continue également de plaider, sur la scène internationale, pour la mise en œuvre effective des engagements et résolutions destinés à contribuer au règlement de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
La rédaction



